« La Fille du square » d’Angela Behelle

Autrice prolixe et incontournable de la scène littéraire féminine, Angela Behelle sera tout naturellement des nôtres au #FLR. Au cas improbable où vous n’auriez pas encore lu un de ses romans, le blog The Lovely Teacher Addiction se chargera d’y remédier avec cette chronique de La Fille du Square (Diva).

Abigaëlle est une jeune femme de vingt-six ans qui a gardé au sens propre comme au sens figuré les cicatrices d’un accident qu’elle a subi il y a neuf ans. Le temps a beau eu défiler, le regard des autres a toujours empêché la jeune femme de vivre normalement. Elle fuit donc le regard, le contact et surtout le toucher des autres. Elle aime s’immerger dans son monde et se plonger avec un cruel délice dans les scénarios qu’elle écrit avec succès. Cela marche tellement bien que ses écrits ont été adaptés à l’écran et qu’elle peut mettre en scène toutes les envies qu’elle peut coucher sur le papier mais qu’elle ne peut pas réaliser dans la vraie vie. Les seules relations qu’elle entretient avec les autres sont celles avec Medhi, l’épicier du coin mais aussi son fils Karim. J’ai adoré les quelques scènes à l’épicerie car on a l’empathie, la sympathie mais aussi l’oreille attentive sur qui elle peut compter en cas de coup dur. Le baromètre des chips est un indicateur fiable qui permet de prévoir les tempêtes à venir. Elle est aussi très proche de son attachée de production mais aussi meilleure amie Bénédicte qui la pousse à sa manière et qui aimerait la voir s’ouvrir aux autres. Elle la charrie, elle l’aide en cas de besoin mais elle est surtout présente depuis des années et sait comment son amie fonctionne.

Aussi, quand le regard de cet homme se pose sur elle, cela aurait pu la pousser à se refermer encore plus dans sa coquille mais la différence c’est que son regard n’est pas comme celui des autres. Il n’y a ni pitié ni compassion et encore moins de curiosité malsaine. Avec Erwan, elle sent qu’il la regarde comme une femme à part entière et son regard appréciateur ne peut que réchauffer le coeur de notre héroïne qui va se faire parfois violence pour dépasser ses blocages. Quand elle est chez ses grands-parents, c’est comme si elle revivait et il n’y a qu’amour dans les parages. Elle ne peut pas oublier les blessures du passé car elle n’a pas encore réglé tous ses tracas mais en Bretagne, je dirais qu’elle est elle-même. Loin du tumulte de la vie parisienne, elle se ressource dans un endroit qui l’a vue au plus bas mais qui est surtout synonyme d’accueil chaleureux et de cocon familial. Ses grands-parents sont des perles et quand Erwan y sera aussi de passage, on se dit que le destin fait bien les choses. Saura-t-elle accepter de prendre le risque d’être blessée ? Pourra-t-elle faire confiance à un homme dont l’univers est aux antipodes du sien et qui implique d’être sous le feu des lumières ?

Erwan Vauthier est un homme de trente et un ans que j’ai adoré de A à Z. Que ce soit à Paris ou à Quiberon, il est juste parfait. Plus on le découvre et plus on cherche une faille mais il ne semble pas en avoir. Il est patient, attentionné, doux, prévenant, charmant, marrant et il sait mettre les gens à l’aise. Ce photographe sait capturer avec brio les moments précieux de la vie et sait capter les émotions même sur le papier glacé. Je suis encore sous le charme de ce héros qui a su m’offrir de belles émotions. Avec La Fille du square, nous sommes dans une slow burn romance et j’ai adoré qu’on prenne le temps de s’apprivoiser, de se connaître, de définir ses failles, des faiblesses ou des forces. C’est un homme plein d’esprit avec qui vous pouvez avoir de longues conversations. Il saura apprivoiser cette jeune femme qui ne veut pas se lancer dans le vide, il saura trouver les mots pour la convaincre de le revoir et c’est tout simplement superbe de pouvoir en être les témoins privilégiés. Sa famille est soudée autour de lui et j’ai aussi apprécié le personnage de Maëlle qui est attendrissante mais qui montre d’autres choses. Il peut compter sur ses amis Emilie, Thomas et Jimmy pour l’épauler dans ses nouveaux paris. Je pourrais vous parler encore des heures de ce héros qui m’a tant bouleversée, mais je préfère vous laisser le plaisir de la découverte. Saura-t-il apprivoiser cette jeune femme introvertie depuis si longtemps ?

Bref, je ne peux que vous recommander de lire le nouveau roman d’Angela Behelle car c’est de nouveau une très belle réussite. On se laisse vite emporter par cette histoire qui se délie au fur et à mesure et qui nous permet d’appréhender deux magnifiques personnages qui vont vite trouver une place très chère dans nos cœurs.

Angela Behelle sera présente le samedi et le dimanche sur le stand de la librairie La Mare aux Diables.